Jun 02 2009

Les sons du Rico : Les chants khoomei, la suite.

Publié par Eric à 22:05 dans Les sons du Rico

Passons maintenant au 2eme artiste que je voudrais vous faire connaître dans ce nouveau “sons du Rico”. Il s’agit d’Okna Tsahan Tzam… Avouez qu’il est difficile de l’inventer celui ci. ;)

Pour cette fois seulement je vais lâchement reprendre un article que quelqu’un avait particulièrement bien écrit sur sa vie. Tout s’y trouve très bien résumé. 

Ce texte est donc extrait du portrait fait par Nadia Aci sur le site “mondomix.com“.

“Okna Tsahan Tzam voit le jour deux fois. Ses rêves lui avaient conté un autre chemin qu’il ne suivra qu’à l’âge de trente ans selon la voix de ses ancêtres.

Né en 1957 à Elista, sur la longue route qui ramenait les Kalmouks déportés en Sibérie par Staline, Vladimir Kharouev est renommé par sa grand-mère Okna Tsahan Tzam, « la route blanche », ou « route de la joie ». Beau présage pour ce petit-fils de Genghis Khan porteur d’un passé légendaire. Au IXe siècle, le deuxième fils du cyclope Doa-Sokhor, fondateur des Kalmouks, crée la tribu « Baatoude ». Les vêtements de Okna Tsahan Tzam en portent aujourd’hui le sceau. L’esprit des légendes et des vieilles chansons règne dans l’atmosphère familiale du fils qu’on appelle alors « the little old man », lui qui aime écouter cette épopée nommée djangar. Vers six ans, il commence à comprendre. Elle raconte l’histoire d’un Etat idéal, cosmique, dirigé par un homme qui prône l’amour des hommes et de la nature et fait régner la paix.

Mais en Union Soviétique, le régime politique en place est chaotique. Pris dans la mouvance de la jeunesse communiste, Okna s’éloigne du djangar. Il suit un cursus scolaire classique et part faire son service militaire. Rien ne prédestine apparemment ce fan des Pink Floyd, anxieux et scientifique, à devenir l’un des plus grands chanteurs kalmouks actuels. Le chant l’attire pourtant et il aime jouer du tuupshur, un instrument ancestral dont les cordes narrent la genèse du monde : une corde symbolise l’homme, l’autre la femme. Il ne s’imagine pas pour autant chanter et l’idée d’affronter le public lui fait peur. Il commence des études supérieures à son retour de l’armée. Etrangement, ses rêves lui parlent. Ils lui racontent qu’il chante bien et qu’il se réveillera un jour en chantant. Il commence une carrière d’ingénieur. Rêve après rêve, le djangar revient dans sa vie.

A trente ans, il décide de changer de direction. Il abandonne sa carrière pour se consacrer à l’étude du chant khoomei, chant diphonique issu de la tradition chamanique qui permet d’entendre deux voix à la fois. Les angoisses laissent peu à peu place à la sérénité dans l’esprit de ce conteur charismatique qui honore « la respiration la plus juste des hommes anciens ». Après plus de dix ans de tournées internationales, il est reconnu comme le représentant incontournable du chant khoomei. En 1991, il s’impose lors du festival « La route de la soie » organisé par la Maison des Cultures du Monde et finit de conquérir le public parisien au Théâtre de la Ville où il donne de nombreux concerts entre 1998 et 2002. Il est la révélation du Midem 2003 avec son apparition durant la soirée événement « Gaïa » d’Alain Simon qui comptaient des célébrités comme Supertramp, Cesaria Evora ou Manu Dibango. La même année, il compose la musique du film « Shimkent hotel » de Charles de Meaux, avec Melvil Poupeau et Romain Duris.

Shaman voices : a journey in the steppe, sorti en 2004, est le fruit d’une rencontre insolite entre Okna Tsahan Tzam et Claude Samard, professionnel exigeant. Guitariste spécialiste des « guitares du monde », arrangeur, compositeur, producteur, ce musicien polyvalent passionné par la culture mongole a voulu collaborer à la reconnaissance de cet artiste hors du commun. Dans cet album, les sons électroniques renforcent la dimension « transe » de l’univers kalmouk chamanique. La voix de Okna Tsahan Tzam parcourt des steppes lointaines imagées par des sons naturels (vent, chevaux…) et des textes épiques en langue traditionnelle. Ce projet original participe à l’expansion d’une musique encore rare dans l’univers des musiques du monde tout en réconciliant racines et technologie.”

Pour ce son très particulier encore une fois, je vous propose donc quelques chansons tirées de son seul album “Shaman voices : a journey in the steppe”

Nous commençons avec la première : Edjin Duun.

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Une deuxième, pour la forme : Akhner Duner.

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Enfin je finirais avec celle-ci, beaucoup moins traditionnelle (en comparaison avec les 2 autres), elle se marrie très bien avec le style plus classique des musiques que l’on écoute chez nous (il s’agit en fait d’un remix) : Davour Ghalzen (Radio Rmx By D. Dalcan).

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